Etienne Martinetti

A Martigny, le jeudi 4 avril 2002, une foule considérable d’amis émus ont accompagné Etienne Martinetti à sa dernière demeure. Atteint dans sa santé depuis plus de 3 ans, c’est cette maladie « la Leucémie » qui a été l’adversaire le plus coriace qu’Etienne a dû affronter durant toute sa carrière de sportif d’élite. C’est avec un espoir sans limite qu’il a côtoyé cette maladie en ayant toujours un brin d’humour pour ses amis et le personnel soignant.

C’est à Martigny, le 30 juin 1940 qu’Etienne pousse ses premiers cris. Le début de sa carrière sportive se passe au sein de la section pupille de la SFG Aurore et c’est à 16 ans, sous l’impulsion de son oncle Jean Darbellay, qu’il fait ses débuts dans la lutte, sport traditionnel suisse, au sein des Club des lutteurs de Martigny.

Son palmarès est élogieux puisqu’il détient le record suisse avec le nombre prestigieux de 214 couronnes en lutte suisse, en lutte libre dans la sciure et aux jeux nationaux. A cela, il y a lieu d’y mentionner également ses douze titres de champion suisse en libre et gréco complétés de 22 podium d’argent. A l’âge de 51 ans, il décroche le titre suprême au Masters des Vétérans de Cali dans la catégorie 130 de kg de la Division E.

Lorsqu’il arrêta la compétition de haut niveau, il se consacra entièrement à l’arbitrage sur le plan national et international. Il était une des personnalités sportives les plus écoutées au sein du corps d’arbitrage de la FILA. En qualité d’assistant instructeur de la FILA, Etienne officiait toujours comme chef de tapis, car tous les dirigeants avaient une grande confiance à son intégrité surtout lors des confrontations entre les deux antagonistes politiques l’URSS et les USA.

La vie sportive a souvent occulté son rôle de père de famille, mais les résultats de son fils Grégory lui ont apportés de bons moments de satisfaction notamment lors de sa qualification pour les Jeux de Sydney. Après les Jeux de Munich en 1972, où les trois frères faisaient partie de la délégation helvétique, c’est certainement ceux de Sydney qui lui ont laissé le meilleur souvenir.

Le sport fut une partie de son existence, mais l’entreprise familiale était le point de ralliement de toute la dynastie des Martinetti. Dans cette entité familiale, Etienne fonctionnait comme patriarche et coach de tous les siens. Par sa bonhomie, Etienne était un conseiller en puissance de tous les dirigeants de société sportives ou para sportives de Romandie. Etienne possédait en primeur un sens du dévouement et une conscience professionnelle sans limite, il n’était pas rare lorsque nous rentrions d’une compétition en Suisse alémanique de faire un bref détours pour contrôler et juger par lui-même si les installations mis à disposition par son entreprise convenait à cette manifestation. Son sens aigu d’un savoir faire sans reproche l’obligeait en permanence à se recycler dans les nouvelles techniques professionnelles.
Sa franche poignée de main, son regard malicieux mais bienveillant, témoignent de sa sagesse et de sa grande perspicacité à traiter les affaires de façon chevaleresque avec ses interlocuteurs.

Etienne ne ménageait pas ses efforts pour transmettre à notre Jeunesse ses connaissances dans le cadre des Fédérations Valaisannes, Romandes et Nationales en assumant de nombreuses tâches administratives, notamment au sein de la fédération suisse où Etienne avait la lourde charge de la formation continue de nos arbitres helvétiques. Durant toute sa carrière de dirigeant, Etienne a été un homme très écouté, parce que son leitmotiv était le bien de la lutte et non les querelles intestines du Rösti Graben.

Nous croyons que le souvenir vivant de l’homme d’exception qu’il était, ne laissera jamais éteindre la flamme d’amour et d’amitié qu’il a allumée dans nos cœurs. Seul le silence est grand… Certes, ces quelques mots sont bien faibles pour assurer à sa chère famille, que tous les amis lutteurs compatissent à leur chagrin et leurs présentent les sentiments de sympathie.

Dessimoz Etienne
Président de la FVLA